Thursday, November 19, 2009

Fashion in Bergen - 1



La fashionista a ceci de commun avec l'explorateur spatial, le chimpanzé et l'amibe qu'elle doit s'adapter à son milieu pour survivre. C'est ainsi que nombre de tendances qui pourraient paraître complètement arbitraires s'expliquent en fait par la dure nécessité. Par exemple, la Parisienne travaille tard, a douze activités dans sa journée et enchaîne le déjeuner business, la réunion client, l'apéro copines, le dîner aux chandelles et l'after déchaîné = la Parisienne a inventé le look city casual chic, qui reste parfait de 8h à 2h du matin et qui rend tous les autres looks overdressed ou understated. La Brésilienne vit sur la plage, la Brésilienne a inventé la tong, le maillot brésilien et l'épilation qui va avec.

La Norvégienne, elle, et surtout la Bergenoise doit s'adapter à la météo (Bergen, la ville où il pleut le plus d'Europe, rappelons-le): neige, pluie, neige, pluie. Je savais donc que mon adaptation fashion à cette ville passerait par une petite mise à jour de ma garde-robe. " La véritable élégance, c'est d'avoir la tenue adaptée aux circonstances", parole de Coco Chanel. Et comme on annonce ces jours-ci une tempête assez sérieuse pour que même un Norvégien s'en émeuve, il était temps de faire enfin mon premier achat fashion norvégien: des bottes.

Mais attention, pas n'importe lesquelles! Disons le tout de suite: s'il y a un sujet que la norvégienne maîtrise, c'est la botte. Haute, basse, noire, couleur, sport, chic, c'est de toute façon la seule chaussure adaptée au climat. Elle se porte 10 mois par an, en jupe ou sur le pantalon (pas de polémique ici: si vous aimez porter les vôtres DESSOUS, et bien vous finirez avec un pantalon trempé, ce qui est toujours anti-fashion), en ciré ou en tenue de soirée. Et là où la Norvégienne est très très forte, c'est la botte en caoutchouc.

Parce que c'est pratique, la botte en caoutchouc, c'est parfaitement adapté, mais c'est rarement joli. Je sais que tous les créateurs se sont mis à en faire. Je ricane. Des bottes en imprimé burberry, c'est à peu près aussi crédible que des skis Chanel. Ca vous donne juste l'air back to the 80' et logo en folie.

Mais ici, depuis le premier jour, je LES avais repérées. ELLES. Des bottes Ilse Jacobsen. Vous ne connaissez pas? normal, les boutiques sont toutes en Scandinavie et en Allemagne (mais j'ai repéré des sites UK qui les vendent).

En caoutchouc, mais parfaites avec leur lacet blanc, leur forme qui arrive à vous faire la jambe fine (je sais pas comment, c'est un miracle), aussi jolies sur une tenue féminine qu'en après-ski. Ca doit tenir à leur côté rétro: elles vont avec tout (enfin, toute ma garde-robe). Aujourd'hui, je les ai essayées: chaudes et confortables à vouloir les garder au lit (je ne le ferai pas, c'est une image), légères, robustes. PAR-FAI-TES, quoi. Et c'est une fille qui ne quitte pas ses stilettos à Paris depuis dix ans qui le dit.

Evidemment, je suis repartie avec aux pieds. En version noir à lacets blancs (je prévois de commencer une collection, parce que les violettes, les rouges et les grises me plaisaient bien aussi, sans parler des turquoises qui iraient si bien avec mon Billy- sauf que le Billy en question déteste la pluie, donc c'est un peu idiot...)

Et vous savez quel est le vrai miracle? Avec ces bottes-là, on se fiche de la pluie! Limite, on voudrait qu'il pleuve vraiment trois mois d'affilée pour pouvoir les porter tous les jours! Et voilà. C'est le miracle de la mode;-)

Bref, je prévois une grande carrière fashion à ces bottes-là. En tout cas à mes pieds qui se sentent ce soir un peu plus norvégiens que ce matin.



Petite fiche pratique: la créatrice est danoise, la marque existe depuis quinze ans et les bottes sont faites à la main en caoutchouc naturel*. Pour plus d'infos, voici le site de la marque: Ilse Jacobsen. Et tip: si vous avez envie de les acheter sur le net, prévoyez une taille de moins que la taille française (genre 37 si vous faites du 38 comme moi).

* peut-être à base de pétrole naturel, hein, j'en sais rien....

PS: je parlerais bien de foot, mais vu le match d'hier, on va s'abstenir jusqu'en juin...

Tuesday, November 17, 2009

Footwear & football


Pour celles qui ne suivent pas (càd j'imagine celles qui n'ont pas un fan de foot à demeure, à l'exception de LA qui est aussi incollable sur les Bleus que sur les key visuals de masacara), la France a gagné contre les Irlandais samedi dernier. 1-0, cocorico. Evénement majeur, si j'ai bien compris, parce que ça veut dire que la France n'est pas encore éliminée de la Coupe du Monde de 20... 2010? 2011? Un truc comme ça. Si, si, si, on est contentes et voilà pourquoi:

1- parce qu'on a toutes un grand souvenir de 98' et de l'euphorie générale qui a suivi pendant trois jours. Et qui dure encore. Le secret de la popularité de Chirac aujourd'hui? 40% le non à Bush, 30% les Guignols, et 30% "on est les champions". Même Obama, il a pas encore fait ça. Et pourtant, on l'aime, Obama. Surtout quand il sourit genre "je sais pas qu'il y a une caméra et je suis trop craquant". Il avait à peine besoin d'un programme, celui-là. Bref, je m'égare.

2- parce que ça nous fait plein de soirées copines en perspective: samedi soir, justement, je dînais avec une de mes amies merveilleuses à Paris et autour de nous, que des tables de copines. Ca en fait des soirs, une Coupe du Monde, où il n'y a pas besoin de soigner l'égo de son cher et tendre pour lui expliquer qu'on préfère un mojito entre filles. Evidemment, ça veut aussi dire que faudra caler ses envies de pupuçage sur le calendrier des Bleus, mais bon, on peut pas avoir le beurre sur la tartine et les fesses de Kate Moss.

3- les quelques soirées où on regardera les matchs (à partir du 1/8, en gros, histoire de participer), on sera comme d'habitude assez heureuses de voir tous ces jeunes gens en short courir sur la pelouse. Je vous recommande le Yoann Gourcuff, il vous agrémente une mi-temps assez joliment.

Tout ça pour dire qu'en fille évoluée et paritaire, je respecte le football. Mais quand même. J'ai eu un choc il y a une semaine quand un ami a osé glisser entre le saint nectaire et la tarte aux fruits secs: "le football, c'est comme les chaussures".

Pardon?

Comme j'étais chez lui (et que j'avais de la tarte aux fruits secs plein la bouche), je n'ai pas commencé immédiatement à protester.

Et voici la démonstration qui sous-tend cette conclusion risquée: quand deux hommes se rencontrent, ils ont 90% de chances de pouvoir parler football ensemble. Quand deux minettes se rencontrent, elles vont parler chaussures avec la même probabilité. Donc le football = les souliers = un créateur de lien social. Ou le plus grand* dénominateur commun à toute la population classée par genre.

Bon. Pourquoi pas. Si ça leur fait plaisir d'imaginer qu'un sujet aussi technique, aussi pointu, aussi subtil, aussi complexe que les souliers soit comparable avec le football (je veux dire: un ballon pour 24? une tenue pour 12? please. On peut être minimaliste, mais à ce point là, c'est de la pauvreté d'esprit...), il ne faut pas leur enlever leurs illusions.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Parce que mes merveilleuses(x) amies(is) de Paris m'ont fait un trop beau cadeau d'anniversaire: un abonnement à Glamour, Elle et Vogue édition France qui vont arriver directement dans ma boîte aux lettres viking. Réflexion de l'amour de ma vie (qui avait vainement essayé d'introduire Courrier International dans la sélection): "A quoi ça sert? C'est comme d'être abonné à l'Equipe, à So foot et à [un autre journal sportif dont j'ai oublié le nom] en même temps."

Et même si ce n'est évidemment pas du tout comparable, je finis pas trouver ça plutôt émouvant, cette façon maladroite qu'ont les hommes d'essayer de comprendre notre passion pour les souliers (en particulier) et la mode. Parce que si on réfléchit bien, pour eux, comparer quoi que ce soit au football, c'est sûrement un compliment. C'est comme ça qu'on va vers la parité, tout doucement... On vient de "c'est un truc de bonne femme" et on arrive à "c'est ton truc de fille comme j'ai mon truc de mec".

On apprend à parler football, un peu, ils apprennent à parler fashion, un peu, et à la fin, vous verrez, on deviendra capables de communiquer vraiment!


* oui, le plus grand. Me suis fait reprendre par l'homme de ma vie qui a fait beaucoup plus de maths que moi, alors il a sûrement raison.

Illustration: Olivia à Paris pour le Championnat de course en escarpins, enfin une épreuve sportive faite pour moi!

Wednesday, November 11, 2009

Plus-size model, Renoir et autre interrogations.


Il paraît que Lizzie Miller est une vedette mondiale. Vous n'étiez pas au courant? Elle a posé dans Glamour US septembre. ET elle a du ventre (enfin, un peu, n'abusons pas). ET on ne l'a pas photoshopée. Du coup, c'est une icône pour toutes les femmes qui ne rentrent pas dans un 36: liberté chérie, à bas la dictature du machisme triomphant et remettez-moi un supplément cacahuètes sur mon sundae. C'est tellement important comme victoire pour les femmes que les Glamour de tous les pays (enfin, la France) s'unissent pour en parler.

Pendant ce temps, Renoir est exposé au Grand Palais à Paris: il faut y aller, c'est très très beau. Ses modèles ne font pas non plus du 36, et s'il les a photoshopées (enfin, interprétées dans sa vision artistique personnelle), c'est plutôt pour leur rajouter des cuisses par ci et des hanches par là. Lizzie Miller, elle fait anorexique à côté. Commentaires masculins entendus à la fin de l'exposition: "Vaut mieux être fidèle à sa femme que se retrouver avec un truc comme ça au lit". On aime entendre une réflexion aussi profonde sur l'art, je vous promets, c'est bouleversant.

Pendant ce temps, je découvre Belle toute nue, une émission M6 de haute tenue intellectuelle (on est sur M6, hein...) où une fille qui ne s'aime pas physiquement (elle se trouve grosse et elle ne sait pas s'habiller) passe une semaine avec un coach (un substitut de meilleur ami gay avec un énorme dressing et des potes coiffeurs) pour apprendre à se trouver jolie et sexy. Défi ultime et suspense dramatique de l'émission: l'héroïne du jour va -t-elle accepter de se faire photographier toute nue? Ceci dit, la fille a l'air plus heureuse à la fin de l'émission, donc on est contentes pour elle.

Alors, très chères lectrices (et lecteurs, s'il y en a), qu'est-ce qui fait sens dans ces faits, pas sans rapport comme votre perspicacité vous l'aura fait subodorer?


Est-ce que la question est vraiment de savoir si on doit faire ou non un 36, si on a le droit de se trouver belle en 52 et si Lizzie Miller est une star planétaire? Evidemment, il y aurait beaucoup beaucoup beaucoup à dire sur le diktat de la mode et sur l'aliénation de la femme de la vraie vie par la fille de magazine. D'ailleurs, plein d'autres gens en parlent.

Mais ce n'est pas le point, comme disent nos amis d'Outre-manche (btw, bisous à Diane et aux girls en we londonien, comme quoi ça sert à quelque chose de faire la guerre, soixante ans plus tard on peut aller shopper chez Harrods. Bref, je m'égare).

Non, le point important c'est que... hello? Pourquoi pour être une fille sexy (en 36, en 42 ou en 58) il faut se mettre à poil, devant des millions de gens tant qu'à faire? Pourquoi être une jolie femme = être toute nue en public? Ce n'est pas aliénant, ça? En gros, le message sous-jacent de tout ça, c'est tais-toi pour être belle. On se fiche de ce que tu penses, de ta personnalité, de tes qualités: si t'es prête à te défroquer, t'es baisable. Et finalement, ça doit être le but de notre vie, non?

Parce qu'il ne faut pas se faire d'illusions. montrez une photo de vous toute nue: 90% à 100% des mecs vous trouveront sexy. E nviron 0,001% des mecs se demanderont à quoi vous pensez. Parce qu'une fille toute nue, elle est excitante, mais personne ne se demande si elle est intelligente.

Tenez, prenez Olympia (Manet): vous savez pourquoi elle a fait scandale? Parce qu'elle n'est pas de la bonne couleur? Pas du tout. C'est juste qu'elle n'a pas l'air bovine et pantelante dans l'attente du mâle. La façon dont elle regarde le spectateur, ça parle de longueur, de performance et de "tu vas galérer pour être à la hauteur" (c'est le demi-sourire à gauche qui nous dit ça). Ah bah forcément, les mâles ils ont pas aimé : une femme toute nue qui voudrait penser? Scandale! Lizzie, et la baigneuse de Renoir, et la fille de M6 sur sa photo, si on essaye d'imaginer à quoi elles pensent, on risque d'avoir le vertige: trop de vide.

Au risque de me faire traiter de réac, j'estime qu'entre la burqa et le ticket de métro, il y a un juste milieu. Et que la burqa systématique (= la femme est un objet sexuel qu'il faut cacher) et le ticket de métro arboré en public (= la femme est un objet sexuel qu'il faut montrer) ont plus en commun que les talibans et les rédacteurs de Playboy ne veulent bien l'avouer.

Et c'est pour ça qu'on aime la mode: parce qu'aussi superficiel que cela puisse être (on en discutera une autre fois), c'est aussi une façon d'affirmer notre personnalité. Et qu'entre filles ont sait bien que la question importante, c'est pas: 36 ou 52, mais "sa veste blanche, elle me donnerait l'air aussi rétro-intello-chic qu'elle?" Avouons que c'est un peu plus profond comme réflexion, non?




crédit photo: Studio VS

Wednesday, October 28, 2009

Allô, Ween? Ici Trouille!



Ah ah ah.

Bon, on peut être snob jusqu'à la couleur du vernis à ongle (gris métal, ces jours-ci. Ou taupe. Ou nude. C'est tout. ) et aimer les mauvais jeux de mots.

Mais c'est vrai qu'Halloween arrive, ce dont on se fiche complètement, sauf Angie qui serait tellement contente de ressortir ses somptueuses robes de sorcière sexy à Libreville. Ici, à Bergen, je ne sais pas encore si c'est une vraie tradition - à part quelques boutiques qui ont sorti leurs toiles d'araignée synthétiques et le supermarché du coin qui affiche une promotion sur les packs de bonbons.

Ce dont on se fiche moins, en revanche, c'est la très très belle série de photos que Tim Burton a faite pour Harper's Bazaar, gothico-poétiques à souhait. Ca vous donne envie de renoncer à tout bronzage, d'enfiler quarante-trois mètres de dentelles noires et d'aller baguenauder au milieu des coquelicots et des cimetières.Oui, avec Johnny Depp, c'est pas votre faute s'il est dans tous les films de Tim Burton. Et de vous abonner à Harper's Bazaar.


Je ne sais pas ce que vous en pensez mais pour ma part personnellement quant à moi, je suis un peu déçue en ce moment par toutes les photos mode, même les campagnes de pub. A part peut-être celle de Chanel (en noir et blanc, so classe, so Bergman, so feutrée), tout se ressemble et plus rien ne fait envie. Vous êtes là à feuilleter les soixante-dix premières pages de Vogue et vous avez tout à coup envie de parler de préservation de la forêt. Alors une série mode vraiment à part, d'un coup ça fait rêver. Et s'il a fallu Halloween pour que Harper's offre une série à Tim Burton, finalement on aime Halloween (avec les coquelicots, la robe couture Ricci, et Johnny Depp en arrière-plan, toujours, plutôt qu'avec la trois centième rediffusion de l'Exorciste, restons snob).

Du coup on attend avec impatience que d'autres réalisateurs s'y mettent. (Sofia Coppola, c'est déjà fait, mais on a toutes préféré Marie-Antoinette à la pub parfum Miss Dior truc chouette.)

Imaginez Tarantino qui fait une série Noël et Baz Luhrmann la Saint Valentin. Ou l'inverse. Ce serait pas génial?

Monday, October 26, 2009

8 ans 1/2

D'après Glamour UK (october issue), c'est le temps que nous passons à faire du shopping dans notre vie.

Ils ne précisent pas si le shopping pas drôle (genre achat du liquide vaisselle, des BN pour les petits et du saucisson pour votre cher et tendre, sans parler du dimanche-chez-Ikea - on y reviendra - et de l'humiliation en caisse lors de l'achat de la cire-pour-le-maillot-et-les-lèvres - pourquoi c'est toujours un caissier mignon qui vous encaisse ça, et pas la Josiane de d'habitude - mystère!) est inclus dans le chiffre. Si c'est le cas, c'est un peu moins glamour, il faut bien le dire.

Mais bon, même en mettant les choses au pire du pire du pire, c'est à dire en considérant que la moitié à peine de ce temps-là est consacré au vrai shopping, où on achète de vraies choses, des choses qui durent, des investissements, des sacs à main et des chaussures, veux-je dire, et bien c'est quand même une nouvelle qui éclaire ma journée!

Vous imaginez: quatre ans à faire du shopping!
Est-ce que ça n'est pas réconfortant de penser que quatre années de votre vie vont être consacrées à cet immense plaisir?

Oh, je sais, le shopping c'est superficiel, c'est embêtant, il y a trop de monde, on ne trouve jamais ce qu'on cherche, les vendeuses sont désagréables, c'est un rite imposé par une société consumériste où nos choix sont dictés par les gens de la pub et des magazines féminins, c'est le triste constat de la mentalité matérialiste et individualiste qui ruine notre civilisation, et puis c'est superficiel, non?

Et bien non. On dira ce qu'on voudra, mais le shopping n'est pas superficiel. Ou plutôt, c'est comme tout le reste dans la vie: c'est exactement ce que vous voulez que ça soit.

Je le dis volontiers: quelques-uns des meilleurs moments de ma vie se sont passés à faire les boutiques.

Ca a commencé tôt: c'était le cadeau de ma petite maman pour récompenser une année d'efforts scolaires. Fin juin- début juillet, elle prenait une journée de congés rien que pour moi, et nous allions la passer à faire les boutiques et les librairies à Saint Germain des Prés. J'ai encore le premier accessoire qu'elle m'a offert lors d'une de ces belles journées: un joli parapluie transparent à coeurs blancs (oui, j'avais neuf ans, et oui, je l'adore toujours, il est so kawai). Et c'étaient des moments merveilleux, "entre filles" (j'étais fière comme tout et comme un pou quand elle disait ça), d'où nous revenions avec des tonnes de sacs, et plein de premières fois: mon premier soutien-gorge, ma première mini-jupe, mon premier rouge à lèvres, mon premier sac à main, mes premières chaussures à talons (des Charles Jourdan ligne bis, merveilleuses, somptueuses, elles ont décidé de mon style à jamais), mon premier tailleur pour passer des entretiens et aller travailler, ma première robe de mariée (oui, ô homme de ma vie, la dernière aussi) et tout récemment ma première robe pour femme enceinte. Ne me dites pas que c'est superficiel: je viens d'écrire un résumé de ma vie.

Allez, j'y vais, j'ai encore quelques boutiques à explorer à Paris.

Friday, October 23, 2009

Les jupes raccourcissent, c'est la crise?

Alors mettons nous bien d'accord. Moi, je n'ai rien contre les jupes courtes. Voire très courtes. Voire très très courtes. D'abord parce que la taille des jambes est inversement proportionnelle à celle de la jupe. Avec une mini, on pourrait croire que j'ai les jambes d'une nana d'1m80 en midi. C'est une illusion d'optique, comme le soulier ouvert jusqu'au bord des doigts de pieds, mais ça marche. En tout cas sur la gent masculine - les copines, elles, ne sont pas dupes, mais on ne met pas une mini jupe pour les copines.

Seulement, je croyais qu'on était d'accord maintenant pour les robes: on fait soit court, soit moulant, soit décolleté, mais pas tout à la fois, sinon on fait pute . Et là, bam, 80's are back, genre, et on va remettre des robes ultra moulantes, et courtes, et décolletées (même si on essaye de cacher ses seins avec un latte, c'est la mode à NY (et chez LA;-) - idée de futur post: "le latte est-il le nouveau noir?").

Et là, je m'insurge. Parce que le court moulant décolleté, c'était peut-être power dressing dans les 80's (où on aimait Véronique et Davina), mais ça fait hyper macho backlash dans les années 00's, alors qu'on avait enfin conquis de haute lutte la possibilité de prendre trois grammes cinquante (c'est que le latte, même écrémé, c'est pas très diététique) sans que ça se voit à cinquante mètres.

D'ailleurs, même Séréna dans Gossip Girl (rappel des épisodes précédents pour ceux qui n'ont pas suivi: la bombe sexuelle katemossesque dans le magazine fashion/série culte du moment), en court moulant décolleté, même Vera Wang, même violet, même avec un latte, elle fait pute russe sur le boulevard. Désolée, Séréna, je dis ça pour toi. Et je ne parle pas de cette pauvre Hillary Duff qui dans le même épisode est boudinée comme pas permis, et en plus, la pauvre, sans latte, sans violet, et sans Vera Wang.

Alors quoi? C'est la crise? Les créateurs économisent sur le tissu pour préserver leurs marges? Les financiers, qui empochent des bonus historiques cette année, je dis ça en passant, c'est une honte que voulez-vous, ont spéculé sur la viscose? Les maîtres du monde du complexe militaro-industriel ont décidé que la longueur des jupes était proportionnelle au temps de sortie de crise? Ou les écolos pensent que ce genre de tenue réchauffera tellement les mecs que ça réduira les dépenses énergétiques?

En fait, pour Séréna, on sait: c'est tellement la crise que la styliste de CW a utilisé la même robe pour une actrice de the Beautiful Life (série qui promettait beaucoup en termes de contenu fashion mais qui s'est arrêtée au bout de deux épisodes) qui doit faire 15 cm en moins de jambes et de poitrine, donc sur elle ça allait.

Et vous, qu'en pensez-vous? Prêtes à ressortir vos mini moulantes décolletées avant la plage? Ou est-ce que vous préférez continuer à pouvoir boire votre latte venti tranquilles?

Thursday, October 22, 2009

Little red (carpet) dress / petite robe noire


L'info du jour d'après ELLE: la petite robe rouge remplace la petite robe noire.

Non, mais qu'est-ce que c'est que cette idée?

Aujourd'hui! Comme ça, d'un coup, la petite robe noire serait détrônée.

Et puis, on nous l'a déjà fait, le coup du "le gris est le nouveau noir" "le parme est le nouveau noir", voire "le noir est le nouveau noir". On le connaît par coeur.On va se précipiter, acheter une nouvelle robe rouge, et puis dans trois jours il y aura un nouvel article qui parlera du mythe intemporel et inaltérable de la petite robe noire. Et on regrettera de ne pas l'avoir acheté en noir, la robe en question.

D'ailleurs, qu'est ce que ça veut dire: "remplace"? Est-ce que chaque fois, je suis sensée changer toutes mes robes noires contre des rouges? Et les rouges contre des grises? Et les grises contre des vertes à pois mauves avec imprimé girafe? Ou est-ce que j'ai le droit de garder ma petite robe noire?

La vérité: rien ne remplace(ra) jamais la petite robe noire. Mais ça n'empêche pas d'en avoir en rouge aussi!

Autre vérité: la quête de la petite robe noire idéale est pire que celle du prince charmant. parce qu'on peut être célibataire et heureuse. Mais peut-on être vraiment heureuse sans petite robe noire?

C'est sûr que pour le coup, la petite robe rouge c'est beaucoup plus rassurant. Autant la petite robe noire parfaite, c'est une quête digne d'un mariage (sauf qu'un mariage c'est une grande robe blanche, mais sinon c'est pareil), autant la petite robe rouge, c'est le caprice d'un soir. Autant dire qu'on n'est pas obligées de s'installer avec et de commencer à penser aux prénoms de nos bébés.

Non, la petite robe rouge on la met avec l'arrière-pensée de se la faire sauvagement enlever par un étalon brun et fougueux qui regardera au petit matin les draps froissés et vides alors qu'on se baladera, les cheveux décoiffés (mais décoiffés Hollywood, genre sauvages et magnifiques), l'oeil charbonneux et les escarpins sur l'épaule, en rentrant chez nous dans la lumière dorée d'un film où on joue la bombe sexy qui a croqué le grand méchant loup.

La petite robe noire, on rentre avec son chignon même pas défait en regardant les vitrines des joailliers dans un film romantique où on joue l'héroïne qui va se marier.

Est-ce que finalement, ce que nous disent ELLE, une petite robe rouge et Scarlett Johansson
réunies, c'est que la relation longue durée n'est pas du tout AH09/10? Ce qui explique pourquoi certaines de mes copines chéries se retrouvent célibataires: ce n'est pas le destin. C'est la mode de la fin d'année!