Saturday, December 12, 2009

Dior: New Lock vs classic Lady Dior

Les maisons de couture ayant bien compris qu'elles font leur bénéfices sur les accessoires, elles nous sortent des it-bags toutes les saisons. Enfin, elles essayent. Convaincue, pas convaincue? Quels sont les nouveaux sacs à fantasmer et sont-ils vraiment mieux que leurs aînés? Premier match: Dior.

Le challenger: le New Lock




Le grand truc des designers, c'est l'ADN de marque. Genre, je réinterprète les "codes" d'une marque pour en faire un truc nouveau MAIS reconnaissable tout de suite, histoire de ne pas mettre 2000€ dans un sac à main sans qu'on sache que c'est Dior. Mais sans marquer Dior en énorme dessus, hein, parce qu'on laisse ça aux ongles des Japonaises et aux copies (et aux collections fin 90' début 00'). Les grands spécialistes du truc de l'ADN de marque, c'est Karl, qui a fait ça de façon magistrale pour Chanel, et Vuitton.

Pour moi le problème de ce New Lock (nom clin d'oeil au New Look inventé par Dior, toujours l'ADN de marque, vous avez compris le principe, et ça fait de l'édito facile pour les journalistes), c'est qu'il ne ressemble pas à grand chose.
Désolée, Dior, mais bon: cadenas façon Vuitton + format 2.55 + cannage Dior, c'est plus de l'ADN de marque, c'est un OGM.

What else? Ni vraiment mou, ni vraiment rigide, porté épaule mais tenu à la main façon pochette; pas assez grand pour mettre sa vie dedans, trop pour le garder à la main toute la soirée (ceci dit, c'est sans doute le format que je préfère, dans ce sac, j'en ai un peu assez des besaces oversize qu'on voit partout).

Le vrai plus du sac, c'est les films pubs, très très jolis et très très bien réalisés, je ne sais pas si c'est de l'art mais j'adore. Et la version python, mais je suis accro aux cuirs exotiques, donc...
Le gros moins (et l'obstacle à la véritable icônisation de l'objet) c'est son manque de parti pris fort. Trop marketing, pas assez créateur.

Pronostic: marchera plutôt bien, une saison. Le chef de produit aura sa promotion. Et dans trois ans on ne s'en souviendra plus.


Le tenant du titre: le Lady Dior




Pas si vieux pour un vrai sac icône (il a été créé en 1995), on adore son côté rétro, porté main, rigide, trop classe, tout ce qu'on ne fait plus en sac à main aujourd'hui et qui fait qu'il suffit de le porter pour donner une allure royale à un jean. C'est le sac, vous le prenez, vous sortez de chez vous, et vous regardez où est la Rolls qui doit venir vous chercher. Avant de vous rappeler que vous prenez le métro, en fait.
Bref, il vous raconte une histoire, et même si ce n'est pas une pièce totalement évidente (le fashion risque de bernadettisation n'est pas négligeable), il calmera aussi bien une tenue rock sexy qu'il stylera une tenue casual.

A prendre impérativement dans sa taille originale (la médium, donc). Mais le grand format est cool aussi sur les filles très grandes.

Match: pour moi, sans hésitation, le Lady contre le New Lock.
Et vous, qu'en pensez-vous?

Friday, December 11, 2009

Etre légère...



Une de ces journées où je me traîne et où j'ai l'impression d'être énorme. Pardon: où je réalise que je suis énorme. Une envie de légèreté, être aérienne, flotter... comme cette série de photos qui m'a fait rêver

Allez, c'est promis, demain je fais comme ça: je ne me lève pas en me traînant, je redescends doucement sur terre.

Oui, je veux aussi la nuisette en bleu. Et le nounours, puisque l'HDMV est au bout du monde.

Ce qui me fait penser à cette histoire absolument merveilleuse:
"Il était une fois un moine bouddhiste qui, à force de prières et de piété, avait compris comment léviter. Seulement, par humilité, toute sa vie il se contenta de flotter un centimètre au-dessus du sol pour que personne ne le remarque."

Thursday, December 10, 2009

Olympe de Gouges


Eloignons-nous quelques temps de la mode et des humeurs du jour pour parler d'une véritable icône. Non, je ne parle pas de Kate Moss ou d'Agyness, c'est un post intello-féministe.

Olympe de Gouges, 1748-1793 (ça ne nous rajeunit pas), est une héroïne de la Révolution Française, femme de lettres, femme politique, humaniste et féministe, à un moment où ce terme n'existait pas encore, c'est pour dire. Grande méconnue de nos manuels d'histoire, elle a pourtant été une des premières à s'élever contre l'esclavage. Elle écrivit notamment sur le sujet une pièce de théâtre si audacieuse que la troupe de la Comédie Française refusa de la jouer (les comédiens essayèrent même de faire emprisonner l'auteur, qui se mêlait d'écrire autre chose que des comédies sentimentales, l'affreuse).

Le texte le plus connu (enfin, méconnu, hein, puisqu'on n'en parle pas) est la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, publiée en 1791. Tenez-vous bien: notre copine Olympe y disait que les femmes devaient avoir les mêmes droits et devoirs que les hommes. Elle demandait que les femmes puissent voter (oh la la. Droit de vote des femmes en France, on rappelle? 1945, merci pour celles qui suivent) et même être élues.

Art 10: La femme a le droit de monter sur l'échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la Loi.

Bon. Olympe, évidemment, avait dit un truc qui fâchait, y compris ses potes révolutionnaires, qui voulaient bien tout révolutionner mais pas se mettre à faire les courses et le ménage. C'est le problème de toute révolution: il faut bien qu'il reste des gens à opprimer, sinon où est l'intérêt? Comme en plus Olympe se mêlait de dire que Robespierre et Marat n'y allaient pas avec le dos de la cuillère quand il s'agissait de guillotiner les gens, et bien évidemment, elle y est passée aussi, ayant l'honneur douteux d'être la deuxième femme guillotinée en France (après Marie-Antoinette).

Je vous laisse lire l'article sur Wikipedia si vous voulez tout savoir.

Voilà. Je suis heureuse d'avoir inauguré avec Olympe une série sur ces femmes qui font qu'on est fières de porter une jupe.

PS: en surfant un peu, j'ai appris qu'il y avait des initiatives en cours pour la panthéonisation d'Olympe.
Rappel: au Panthéon, si on excepte les "Justes de France", sur 73 "hommes illustres la Patrie reconnaissante", il y a une femme, une seule. Marie Curie. Pardon, il y a aussi Sophie Berthelot, dont on n'a pas voulu séparer la dépouille de celle de son mari (c'est gentil, c'est romantique, mais c'est pas vraiment l'idée de la parité. Même si Sophie au Panthéon, c'est un peu le soldat inconnu à l'Arc de Triomphe: on peut bien en avoir une qui représente toutes ces femmes à travers les âges qui ont veillé au confort de leur grand homme).

ce qui m'amène au slogan féministe du jour: "Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes ?"

Tuesday, December 1, 2009

Coup de coeur: Suzon et Lena



Voilà, c'est toujours pareil: bloquée à 3000 bornes de Paris et c'est maintenant que je découvre LA collection que je voudrais avoir dans mon placard. Sérieusement. J'échange le contenu actuel de mon dressing contre la boutique*.

Et comment est-elle, cette collection? Rétro comme j'aime, douillette comme un chocolat chaud chez Ladurée, ultra-féminine avec une pointe d'impertinence pour finir de me mettre l'eau à la bouche.

Les petites robes, les cache-coeur, la jupe avec le noeud sur les fesses, je prends tout. (Bon, la jupe avec le noeud sur les fesses, je l'essaye d'abord quand même, histoire d'être sûr de pouvoir m'asseoir avec.) En plus, quand je vois toutes ces pièces en maille sublime, dans ce grand nord à gros pulls où je suis, je suis sûre que je tiens la tenue-qu'il-me-faut pour affronter l'hiver en toute beauté.

Bravo à la créatrice, on aime beaucoup!

Suzon et Lena - 11 rue de la Sourdière - 75001 Paris pour celles qui ont la chance d'être à côté. Laissez m'en un peu, je cherche le moyen de me téléporter... ou de faire distribuer la marque à Bergen d'ici les soldes!


* Je triche, évidemment: en ce moment, dans mon dressing, il n'y a que des tenues de fille enceinte, autant dire que mes vraies fringues sont à l'abri. Ceci dit, ca reste un vrai compliment.

Monday, November 30, 2009

Vous croyez vraiment?



Alors que certaines en sont encore au débat AH09/10 "Cuissardes ou pas?" (personnellement, je vais attendre les soldes pour me décider, en ce moment je suis au niveau 0 de la fashionitude), voilà que se profile déjà le prochain grand tournant copernicien dans l'histoire de la chaussure: les Mojito Shoes de Julian Hakes.

Le créateur est un architecte et on nous promet qu'elles sont très confortables (enfin, pas moins confortables que vos stilettos habituels, en tout cas), elles sont faites dans une matière composite qui a dû être inventée pour aller sur la Lune ou gagner l'America's Cup (Ca sera peut-être un argument pour l'homme de votre vie, allez savoir) et elles sortiront, peut-être, cet été.

Pour l'instant, impossible d'avoir un retour vécu "j'ai porté les mojito shoes", je subodore qu'elles n'existent que sur un logiciel de dessin de prototype mais je me porte volontaire!

Bon, d'accord, la première fois que je les ai vues, je n'y croyais pas vraiment. Mais plus je les regarde, plus je me dis qu'étrenner ces chaussures-là, ce sera le genre de trucs que je pourrais raconter à mes arrière-petits-enfants (enfin, -filles). ce sera comme avoir connu Obama en 2007, été à Berlin le 9 novembre 89. Ce sera entrer dans l'histoire. Pardon, l'Histoire.

Maintenant que j'y pense, faudrait pas que N. y pense avant moi...

Friday, November 27, 2009

The art of cooking



Hier, j'ai enfin vu Julie & Julia. Un film de filles - enfin, de femmes - avec beaucoup de beurre dedans.

Julia (Child) est une américaine qui se retrouve en France après la deuxième guerre mondiale, découvre la cuisine française et, après avoir pris des cours de cuisine, écrit un livre pour les pauvres Américaines en manque de vraies recettes: Mastering the art of French Cooking. Manifestement, c'est une bible des cuisines américaines comme le Ginette Mathot dans les cuisines françaises. Bon. Julie (Powell) est une New Yorkaise qui, en quête de sens dans sa vie, décide de faire TOUTES les recettes du fameux livre et d'écrire un blog sur cette expérience.
On est dans une double success story: Julia aura publié non seulement un livre, mais eu sa propre émission de cuisine, et une salle dans un musée; Julie aura écrit un livre devenu un film. Et comme c'est plus NY que LA, les deux femmes ne deviennent pas les meilleures amies du monde à la fin.

Ce film est un petit délice. Meryl Streep est fantastique (comme toujours). L'actrice qui joue Julie est très bien aussi. Et puis la cuisine... des mottes de beurre en gros plan, les combats avec le homard qui ne rentre pas dans la casserole, des vraies courses et de la vraie cuisine qu'on mange, ça fait plaisir.

Vous n'avez pas remarqué? Dans toutes les films US, on voit souvent les personnages principaux faire la cuisine. Ca se résume généralement à la scène suivante:

INT.NUIT / CUISINE

L'héroïne est en train de boire du vin rouge dans un verre à cognac (les énormes, qui ne rentrent dans aucun lave-vaisselle.
Le héros, avec un autre verre énorme à côté de lui, hache des oignons. Et des tomates. De la viande de boeuf, si le film n'a pas peur de choquer.
La cuisine, immense, est immaculée et avec plein d'accessoires hi-tech soigneusement disposés par l'assistant styliste de A&D (je comprends pas. Moi, quand je fais ne serait-ce qu'une omelette, y a des trucs étalés partout. c'est la magie du cinéma).

HEROS
Bla bla bla

HEROINE
Bla bla bla

Sur ce, l'héroïne se jette sur le héros et ils vont au lit sans manger. Soi-disant emportés par une folle passion, mais on se doute que l'héroïne préfère coucher qu'avaler 12 calories.


Là, au moins, on passe les 3/4 du film dans une cuisine. Et, personnellement, dès qu'on est dans une cuisine (où on cuisine vraiment), ça me plaît. Je parlais récemment du shopping. comme moment privilégié de la vie. La cuisine vient peut-être même avant. D'ailleurs, que ce soit dans les fêtes de famille ou les teufs de potes, c'est souvent dans la cuisine que le meilleur se passe. Avant, après, pour préparer, pour ranger, et surtout pour discuter. C'est comme le off du festival d'Avignon: c'est là que ça se passe. Et rien n'accompagne mieux les confidences, rien ne suscite mieux la complicité, que de mettre la main à la pâte ensemble.

Bref, allez voir ce film, gourmand et réjouissant: vous allez vous régaler. Et dites-moi si, comme moi, vous avez le lendemain eu une irrésistible envie d'acheter des kilos de beurre!

Wednesday, November 25, 2009

H1N1 - the spot to be.


Le vaccin contre H1N1, c'est un peu comme les leggings il y a trois ans. Quand on a commencé à les voir, personne ne voulait s'y (re)mettre. Et puis, petit à petit, la nécessité a pris le pas sur la paranoïa (je vais ressembler à Madonna dans ses premiers clips), et on les a toutes adoptés.

Le vaccin, c'est la même chose. On a tout entendu. Que c'était inutile, dangereux. Pour le plaisir, je vous rappelle la version vraiment parano ++: les laboratoires pharmaceutiques ont créé la grippe (étape 1), pour vendre le vaccin (étape 2), qui contient des produits qui nous rendront plus ou moins malades ( étape 3) pour, au choix:

-4a: nous vendre d'autres médicaments plus tard et faire encore plus de bénéfices - thèse naturopathe anticapitaliste.

-4b: tuer les méchants terroristes (parce que le FBI pourra déclencher la maladie dormant dans le vaccin à distance, ou parce que le vaccin ne s'attaque qu'aux types qui cochent oui à la question "voulez vous assassiner le président des US?" sur le questionnaire ridicule dans l'avion, c'est pas clair). Thèse antiaméricaine primaire.

-4c: tuer 2 ou 3 milliards de gens dans les années qui viennent pour sauver les ressources alimentaires de la planète (et les bébés phoques). Thèse de la guérilla écolo.

- 4d: nous transformer en zombies obéissants à l'arrivée des extra-terrestres sur le point de nous envahir. Thèse X-files la vérité est ailleurs.


Bon. Moi, j'avais pas trop envie d'y aller, mais le médecin m'a dit que je n'avais pas le choix, pour ma santé et celle du bébé. Oui, je suis enceinte. Ca veut dire qu'on pourrait me faire mettre des baskets léopard fluo si on me disait que c'est bon pour MON bébé. Celles qui ricanent, on en reparlera quand ça sera votre tour.

Et comme je sais qu'en Norvège, on est du genre intraitable sur la nocivité du moindre atome de savon, je me suis dit qu'ils devaient avoir été encore plus paranos que les autres et que s'il y avait un endroit où le vaccin était bien, c'était ici.(Je vous jure, ça va être le comble du snobisme AH09/10: "et toi, ton vaccin, il vient d'où?". Evidemment, la Norvège est très très haut dans le classement puisque j'y suis.)

Alors, je ne sais pas si, médicalement parlant, le vaccin est vraiment mieux ici. Bilan au bout de 12 h: j'ai survécu, sans symptôme particulier, à part une bosse sur le bras. Par contre, je tiens à dire qu'en Norvège, on est efficace. Quand je suis arrivée au centre ce matin, j'ai reçu le ticket 320. Ils en étaient à vacciner le 102. Résignée, j'ai attrapé un chocolat chaud, mon (épais) bouquin et ma trousse à manucure en me demandant s'il y allait avoir moyen de trouver à manger parce qu'il était déjà 9H30 et qu'à 12H, j'ai faim. Et bien, 10 mn plus tard, j'avais fini. Même pas le temps de sympathiser avec l'autre nana enceinte de la foule, sur le thème de "c'est quoi la tendance de fringues pour sortir de la maternité?" (oui, ma question fashion du moment).

Donc voilà. Si je n'écris plus sur ce blog, c'est que des extra-terrestres auront pris le contrôle de mon esprit. Ou que le FBI m'aura exécutée pour avoir regardé en streaming le dernier Gossip Girl. Aaargh.